Se sentir chez soi, « à la maison »… Oui mais quand on voyage ?

Se sentir chez soi, « à la maison »… Oui mais quand on voyage ?

Se sentir chez soi… une idée qui est devenue multiple pour moi

Vous savez, ce coin que l’on appelle « la maison », cet endroit-phare, cette confort-zone, ce chez soi…

chez moi merCet endroit est mobile, ou du moins peut l’être. Depuis quelques années, je multiplie les « home sweet home ». Je suis née à Lyon, y ai passé 19 années, et c’est peut-être l’endroit qui résonne le moins dans mon coeur. Par contre j’allais tous les étés chez ma grand-mère à Cannes. Les racines ont ça de particulier que parfois elles s’imposent d’elles-même. En ne passant que deux mois par an au son des cigales, sous les lauriers-roses les pieds dans le sable, la côté d’Azur a toujours eu plus d’écho que Lyon pour moi. Ma famille en vient, ça doit être la raison. C’est bien simple, j’entends une cigale  et mon coeur devient fébrile, je tend le nez en avant comme un chien reniflant l’air à travers une vitre de voiture, en cherchant l’odeur des eucalyptus et de l’apéro.

Voila pour mon premier « chez moi ». Voyons les suivants…

chez soi mer

Se sentir chez soi, dans le cocon familial. paillette

Mes parents se sont acheté une maison dans la drôme provençale, il y a une petite dizaine d’années. Nous avions notre maison familiale, dans laquelle nous sommes plus nombreux un Noël sur deux grâce aux nouveaux venus, nous avons nos sentiers préférés et ma mère apprend le nom des plantes et des oiseaux. On s’y sent chez nous, comme si la maison avait toujours été là. Lorsque j’y retourne, en principe je tombe malade, symptôme de détente absolue, ici je peux me permettre d’être inutile et statique, à regarder le temps passer. Un verre de gnôle tous les soirs devant la cheminée, une fois que les petits sont couchés, voila mon home numéro 2.

Me sentir chez moi, à l’endroit que j’ai désigné comme tel.

Les années toulousaines ne me laissent que des souvenirs lointains, même si j’ai aimé arpenter ces ruelles insensées. Est ensuite venu le chez moi numéro 3. Celui qui n’est n’est pas familial, mais qui est choisi. Prenez une loupe, allez à Bruxelles, à la pointe du coeur que forme cette ville se trouve le quartier de Saint-Gilles, ensuite cherchez l’église éponyme, tournez-vous, vous faites face à une brasserie nommée Verschueren. Vous trouverez principalement dans ces environs des visages qui me sont familiers. J’ai passé presque 5 ans dans ce quartier, sans presque découvrir autre chose de Bruxelles, shame on me. Mon chez moi choisi, mes amis, mes saveurs et mes cartons sont là-bas. Mon phare dans le monde.

verschuhome

Et enfin, trouver des chez soi sur la route, qui s’ajoutent mais ne s’annulent jamais.

Mon dernier home sweet home est l’endroit où je me trouve. Montréal pour le moment, dans lequel je me suis glissée comme dans une nouvelle paire de pantoufle. Avec des trouvailles, des gens inespérés et d’une évidence déconcertante. Comme si j’avais toujours été à ma table dans mon atelier de La maison de la bande dessinée, comme si j’avais toujours râlé en allant à la piscine avec mon amie Sandra, comme si j’avais toujours épluché avec toute ma « gang » nos aventures amoureuses. Il me faut parfois me souvenir qu’ici est un home sweet home temporairement légal, et c’est frustrant.

Mais comme lorsque je passe les portes de la Brasserie Verschueren de Saint Gilles et que tout est à sa place, et que c’est normal que je sois juste là comme avant, je sais que Montréal m’accueillera à nouveau lorsque j’y reviendrai. En me racontant les potins de la veille, comme si je n’étais jamais partie.

Il me reste tout un océan de home sweet home à découvrir, et vous ? où se trouve le votre ?

 

se sentir chez soi

 



Donnez votre avis sur l'article :

23 commentaires

  • Mais carrément ! Je tiens un carnet spécial sur les appartements qui ont été « ma maison » et parfois, c’est vraiment pas une « home » au sens où tu l’entends, voire même le contraire. J’aime le fait que ce sentiment d’appartenance à un lieu puisse être mobile, c’est beau 🙂 j’adhère tout à fait à l’ide de l’article ^^
    Lucie Articles récents…Le long du TibreMy Profile

    Répondre
  • J’ai un « chez moi » juste à côté du petit village qui m’a vu grandir durant 15 bonnes années… ce chez moi se trouve entre un lac et la forêt, au chalet de mon grand-père maternel… j’y vais encore de temps en temps, cette fois, avec mes propres enfants… quel endroit personnel <3

    J'ai un autre chez moi dans la ville de Québec. Toute la ville, presque tous ses quartiers… j'y habite depuis 15 ans. Je ne pensais pas rester si longtemps, mais me voilà scotchée, je l'aime trop 😛

    J'ai un chez moi à Melbourne… Nous y avons habité 11 mois, dans un petit quartier sympathique, zéro touristique, familial, ordinaire, australien… La dame du café du coin me servait mon latté avec canelle sans même que je ne lui demande et le monsieur de la poste me reconnaissait (the canadian girl) : je me sentais chez moi là aussi…

    Ah, il y a tant d'endroit où je crois que de petites parties de moi résident à mon insu 😉

    Répondre
    • L’avantage, c’est qu’on a le temps qu’on veut pour se trouver nos « chez nous » ! 🙂 J’irai visiter le VietNam un jour, j’espère. On verra si j’y trouve un endroit pour poser mes valises…

      Répondre
  • Pour l’instant mon « chez moi » est dans la très belle ville de Bordeaux.
    Mais même si je n’y ai pour l’instant passé que quelques jours, je me suis vraiment sentie très bien à Bruxelles. Je garde d’ailleurs un bon souvenir du marché de St-Gilles, des Marolles, de Matongé… ;o)

    Répondre
    • Ooooh ce sont de douces paroles à mes oreilles, ça ! J’aime tellement Bruxelles, et plus particulièrement Saint Gilles ! Après quelque mois d’absence, ça commence toujours à me manquer, et je suis toujours heureuse d’y retourner ! Je ne connais pas Bordeaux, mais je n’en entend que du bien, alors peut-être bientôt 🙂

      Répondre
  • Pingback: Partir en PVT : offrez-vous une année inoubliable !

  • Salut !

    Juste par curiosité, les photos de ton « home sweet home n°2 » ont été prises dans quel coin exactement ? Comme l’étrange sensation que j’habite pas loin de ce petit champ de lavande qui sent bon la provence 🙂

    Je te remercie d’assouvir ma curiosité,

    Marine.

    Répondre
    • C’est en drôme provençale ! Tu avais vu juste 🙂
      Dans la région de Dieulefit, à 40 minutes à l’est de Montélimar.
      Tu as un home sweet home dans ce coin-là ?

      Répondre
  • Ok, je connais ! Quant au mien, il se situe à 30′ de Montélimar, Saint Paul Trois Châteaux plus exactement. C’est là où j’ai grandi. Mais j’ai récemment troqué ces beaux paysages pour la grisaille parisienne :/ Pas la même !

    Répondre
  • En plein dans ma problématique actuelle… Rentrée chez mes parents, je me sens tout sauf « chez moi », et si d’un côté je crois que j’ai définitivement laissé une partie de mon cœur à Montréal, aujourd’hui je sais d’où je viens, mais vraiment plus où je vais… Alors ça fait bizarre, de me dire que « la maison » est aujourd’hui un concept de plus en plus flou, au fur et à mesure que j’abandonne des petits morceaux de mon cœur ici et là !
    The Green Geekette Articles récents…Les « backwaters » : vivre le Kerala au fil de l’eau.My Profile

    Répondre
    • Ah tu m’étonnes !
      Je rentre « chez moi », et c’est clair qu’avec notre nomadisme, on a pas la sécurité des murs où que ce soit. Je retrouve des endroits accueillants, aimants, mais pas quelque part où je puisse fermer une porte et envoyer le monde voir ailleurs pour quelque temps… 🙂

      Répondre
  • Je n’ai pas ton expérience du voyage mais mon problème est plutôt que je ne me sens chez moi nulle part. Même parcours que toi au début: Lyon puis Toulouse, et là je déménage en Bretagne. Espérons que je trouve un jour mon « home sweet home ». Sinon j’irai voir un psy 😉
    Zazimutine Articles récents…Deux fillettes à ParisMy Profile

    Répondre
    • Merci de ton message !
      Je ne suis pas sûre que ce soit même obligatoire. Je sais pas, j’essaye de me sentir bien là où je suis quand j’y suis.
      Mais le besoin d’une porte à fermer est parfois fort, dans ces cas-là je m’installer et loue un appart quelque temps.
      Je pense que mon home sweet home sera là où je créerai une famille, si c’est un jour le cas 🙂
      et puis une famille nomade, c’est cool aussi !

      Répondre
  • Très bel article sur un thème qui m’est cher et sur lequel je m’interroge depuis longtemps !
    Toujours pas vraiment trouvé de réponse qui me satisfasse pleinement pour l’instant, mais j’y travaille, entre deux longs séjours ! 🙂
    Etant née sur la Riviera, je comprends tout particulièrement l’appel des cigales, même si ça fait maintenant bien longtemps que je n’y vis plus et n’y ai plus d’attaches (à part le soleil et la Méditerrannée of course !)…
    Mais en effet, c’est un peu le rêve d’avoir plusieurs maisons à travers le monde ! C’était d’ailleurs un de mes rêves d’enfant : avoir une maison dans chaque pays que je souhaitais visiter ; hutte, cabane dans les bois, loft ou chalet selon la destination !
    Peut-être au final q’un minivan règlerait la question une bonne fois pour toute ?! 🙂
    Luciole Articles récents…Hello !My Profile

    Répondre
    • Je suis bien d’accord avec toi ! ça me fait rêver le mini-van, ou les tiny houses sur roulettes !
      L’idée d’avoir un chez moi, mobile, que je puisse vraiment habiter, ce serait parfait.
      Il ne me reste qu’à passer le permis…et voila : un rêve s’effondre 😉
      (je suis une flemmarde du permis, j’avoue)

      Répondre
  • Super intéressant comme article. Je ressens comme toi, moi aussi, à force de voyager, il y a plein d’endroits où je me sens chez moi et comme tu dis si bien, ils s’ajoutent et donc quand tu n’y vas pas pendant longtemps ils te manquent. À Bangkok, je me sens chez moi, notamment Khao San Road, probablement parce que c’est la capitale mondiale des backpackers et quand j’y retourne, je connais tout, j’ai ma cantine, etc. Quant aux villes où j’ai toujours besoin de retourner: Paris, Barcelone et Rome, Milan aussi récemment. Et déjà là, ça fait 2 semaines que je suis à Athènes et je vais boire mon smoothie tous les jours au même endroit! Et ça doit être parce que je suis parisienne, mais je me sens toujours chez moi dans l’anonymat d’une grande ville!
    Emilyz Articles récents…15 pavillons intéressants à l’Expo de MilanMy Profile

    Répondre
    • Comme je te comprend. Dès que j’arrive dans une ville, j’adore trouver ma cantine, prendre mes petites habitudes. AU bout de 3 jours tu connais les prénoms des commerçants, c’est vraiment génial. J’avais un peu fui Khao San Road, que je pensais trop touristique, mais du coup tu me donnes envie ! J’y serai en octobre 🙂

      Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

CommentLuv badge

Loading Facebook Comments ...