Voyager seule quand on est une femme
Deux filles en road trip au Québec

Deux filles en road trip au Québec

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Au Nord du Québec, au bout de la route 138, se trouve le petit village de Natashquan. Il se trouve à 16 heures de voiture de Montréal, une journée de road trip au Québec pour les braves, deux pour les raisonnables.

Au fil des rencontres

Lorsque je suis arrivée à Montréal, j’ai rencontré Brigitte. Certaines personnes sont des évidences, nul besoin d’en faire trop, pas de peur de ne pas en avoir fait assez. Brigitte est infirmière, rieuse, bouclée, généreuse. C’est quelqu’un d’entier, qui n’a pas peur des silences et a besoin comme moi plusieurs heures de solitude par jour.  Quand elle m’a proposé alors qu’on se connaissait à peine de l’accompagner deux mois plus tard à Natashquan, j’ai dit oui, évidemment. En faisant la danse de la joie.

Un matin tôt, elle passe me chercher, chien sur la banquette arrière, les yeux encore ensommeillés et la voiture pleine à craquer. Le road-trip commence. J’ai vite fait d’être émerveillée, en n’étant jamais sortie de l’île de Montréal, j’admire le Pont Jacques-Cartier. Qu’est-ce que j’aime ces ponts. Immenses statues utiles.

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Nous sommes silencieuses, roulons sur l’autoroute bordée de petits dinners, églises de banlieues qui crient aux automobilistes « Le salaire du péché c’est l’enfer ». J’adore.

Et soudain… L’esprit de John Travolta vint à moi.

On s’arrête une première fois pour aller dégourdir un peu les pattes de Maya. Un petit sentier nous mène à un point de vue magnifique sur le fleuve. Et c’est là, mes bons amis, que j’ai pour la première fois fait ma pause de Saterday Night Fever. Qui deviendra par la suite au pire des bonnes rigolades, au mieux des belles photos.

La route est longue, et maintenant le grand air nous a réveillé. Brigitte a de la musique plein son iPod, nous voila donc fredonnant puis, oubliant nos gênes,  chantant à tue-tête cheveux au vent sur des airs québécois. Je découvre avec joie le groupe Hay Babies, qui bercera tout mon voyage.

La route ondule et nous réserve des surprises

Les fermes qui ressemblaient à de gros suppositoires sont dans notre dos, il n’y a plus que des sapins, et une route qui s’étend, tel un ruban que je vois onduler, « s’envoler repartir en arrière », si loin, loin, me rappelant l’immensité des paysages tibétains durant un autre road trip. Telle une montagne russe, la voiture prend son élan sur les montées, les surprises nous attendent au sommet, et nous plongeons dans un nouveau panorama. Mon ami Edmond sera dans mes pensées durant ce voyage, dans ce pays qu’il aime, à la rencontre de peuples natifs qui le fascinent. Mais à cet instant, j’ai la même joie à attendre de découvrir quelle carte postale se cache derrière cette côte, qu’il en a sur les chemins de la montagne lors d’un tournant, au détour d’un rocher, quand le ciel est tout ce qui reste.

 

Des musiques et des stars

Nous passons le fjord, et la route prend de nouvelles teintes. Les sapins règnent, le mot « boréal » commence à me titiller le bout de la langue. First Aid Kit, Bernard Adamus, Timber Timbre. Les musiques s’enchaînent, et la fatigue se fait sentir. On s’arrête dans un motel sur le bord de la route, le soleil se couche doucement. C’est aussi bien assise dans un dinner à la Twin Peaks que dans ce genre de motel que l’exotisme opère sur moi. L’architecture, les énergies. Pas chez moi, je suis ailleurs.

Deux filles, heureuses de se dégourdir les jambes, la photo parle d’elle-même non ? On fait nos stars, on se construit de beaux souvenirs.

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Le kit « road trip », quel est le vôtre ?

Au matin du second jour, on continue de boire des cafés Tim Hortons à la paille, on continue de dévorer des cochonneries. La route est plus sauvage, les lacs pullulent, il y a des orignaux sur les panneaux routiers et je me surprend à guetter derrière les premiers rangées de sapins, espérant croiser le regard de l’un d’entre eux. Je tresse mes cheveux comme lorsque j’étais adolescente, et fait danser ma main dans le vent par la fenêtre. Cela faisait partie du « kit road trip/bonheur ». Les voitures se font de plus en plus rares sur la route des baleines, et les rivières s’appellent maintenant « rivière à saumon ». Elles ont toutes des noms qui viennent de loin.

 

Sur le bord de la route, des fleurs roses poussent. Un peu le coquelicot de la côte nord. Je repense à mon amour de mes 17 ans, qui s’obstinait à me cueillir des coquelicots alors qu’ils mourraient tous entre ses doigts. Par dépit il me fit m’allonger une après-midi dans un champ de coquelicots. 

 

Ce que l’on appelle ici « le fleuve » me semble déjà être aussi grand que ma mer Méditerranée. On va y tremper nos pieds et les pattes de Maya, faire les folles et ensuite revisser nos culs à nos sièges. 

 

Les dénivellés disparaissent, au profit de marécages. La terre se couvre d’une mousse verte, lande, forêt brûlée qui rouvre des souvenirs douloureux pour ceux qui la connaissent. Moi ça n’offre qu’une occasion supplémentaire à Edmond de venir dans mes pensées. Nous avions fait tous deux une grande expédition dans une forêt brûlée, et il m’avait dit que si j’arrivais à dessiner la sensualité de ces écorces, je saurait tout dessiner. 

Enfin (déja…) la fin du voyage

A la tombée du jour, nous sommes arrivées au bout de notre route. Dans le village de Natashquan, presque au bout de la route 138, composé de petites maisons éparpillées, comme si un enfant avait jeté au sol plein de petites maisons de poupée et les avait laissé là, dans le bon sens. Les amis de Brigitte nous accueillent, et nous allons à la découverte de notre chalet. Les pieds dans le sable et le chiendent, si le loup soufflait dessus il s’envolerait.

Le voyage est fini, un autre commence, mais ça, ce sera une autre histoire ! 🙂

 



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