Une ballade à la Nouvelle Orléans, entre chien et loup

Une ballade à la Nouvelle Orléans, entre chien et loup

Le quartier n’était ni touristique, ni branché, ni chic

Nouvelle Olréans visite

 

Il devait être 18h, 18h30. En fait je ne sais plus trop… Mettons que nous étions entre chien et loup.
Le quartier dans lequel Rob avait loué l’appartement en Air Bnb n’était ni touristique, ni branché, ni chic. Il était résidentiel et pauvre.

La nuit de notre arrivée, le propriétaire étant absent nous avions toqué chez la voisine et avions été accueillis par les aboiements de deux chiens. Elle avait ouvert la chainette de sa porte d’entrée (la fameuse chainette comme dans les films américains !), et d’un air maussade nous avais accompagnés à la maison mitoyenne, les molosses sur ses talons. Lorsque nous lui demandions si elle nous recommandait un bar dans le coin, elle comprit qu’elle avait affaire à deux touristes naïfs et enthousiastes. Non, il n’y avait pas de bistrot sympa dans les environs, et oui, il faudrait se déplacer en voiture. Le quartier, de nuit, n’était pas idéal pour une petite marche digestive.

 

Katrina, était-ce toi ?

Le message était passé, donc. En gros : faire un peu gaffe. Était-ce Katrina qui avait bousillé ces maisons ou bien seraient-elles tombées en ruine de toutes façons ? Impossible à savoir. Les peintures s’écaillaient, les portails rouillaient, et les gazons ne se donnaient plus la peine de pousser. Certaines maisons avaient été repeintes plus récemment que d’autres et des pointes de couleurs pastels égayaient le paysage. Les boiseries jouxtaient les pans de tôle ondulée, le ciel était zébré de fils électriques en désordre, et de ci de là un drapeau américain flottait paresseusement au vent, comme un rappel de ce gouvernement qui avait su briller par son absence, après les ravages de Katrina.

Telle Jean-Jacques Goldman

visiter Nouvelle Orléans

Il était 18h, 18h30, et je suis sortie seule me promener, appareil photo à la main. Je m’y suis « risqué ». Parce que je suis une touriste naïve et enthousiaste, et que ma confiance en l’être humain me perdra. Enfin, pas ce soir-là. Je ne sais plus pourquoi Rob ne m’avait pas accompagnée… On ne s’était pas engueulé, pourtant. Il dormait ? Même à cette heure tardive, ça pourrait lui ressembler. Je marchais seule, comme Goldman. De temps en temps, une silhouette se dessinait derrière une porte-moustiquaire, ou bien une femme venait s’assoir sur sa galerie. Des hommes qui réparent une carrosserie bousillée, des gamins qui jouent au foot avec un ballon crevé. Des chats. Des chiens. Comme un goutte-à-goutte de sons et de mouvements, enveloppé dans le silence et le calme d’une fin de journée.

Les habitants devaient rarement croiser des touristes dans leur quartier. Ou bien juste pour le traverser, à la hâte, avec un air pressé disant «Chéri, tu vois bien que c’était à droite qu’il fallait tourner! ». Le fait que je sois ostensiblement là parce que je l’avais choisi a dû accroitre mon capital sympathie.
Qu’il était doux, ce début de soirée… Le ciel se poudrait des même couleurs que celles des baraques pas trop défraichies, bleu, rose, orangé…

Avoir l’air joli n’était pas encore son problème

Des gamin-e-s sont venu-e-s à ma rencontre, après m’avoir lorgnée de loin. Un petit et deux petites, tous l’air plus fier et roublard les un-e-s que les autres. Comme tous les enfants croisés de part le monde, une fois l’appareil photo remarqué, naturellement ils-elles prirent la pose. Déhanchés pour l’une, air de défi pour tous. La plus jeune des petites, 6 ans à peine, n’avait pas encore atteint cet âge où on se sent regardée. Elle se marrait, c’est tout. Avoir l’air joli n’était pas encore son problème.

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